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jeudi 3 avril 2008

La communication relationnelle

Depuis que je suis toute petite, j'ai toujours ressenti au plus profond de moi une frustration immense par rapport à la communication inter-humaine.

Je me souviens qu'il m'était vraiment difficile de comprendre pourquoi, lorsque nous prenions un repas en famille, il était plus important de se taire afin de regarder le journal télévisé, plutôt que de prendre ce temps pour partager ce que chacun avait vécu d'important durant sa journée!

Je me souviens aussi qu'il m'était difficile de comprendre pourquoi, à l'école, ma maitresse que je chérissais tant, ne prenait pas le temps de m'écouter, de m'entendre dans mon désarrois lorsqu'un de mes devoirs n'avait pas été fait suite à de violentes disputes survenuent la veille au sein de ma famille...

A l'époque je me souviens que j'avais le projet de fonder une école idéale où un espace de parole et d'écoute serait organisé pour les enfants et où un cours sur l'apprentissage de la communication serait organisé afin que nous comprenions tous dès notre plus jeune âge, l'importance de se dire, de s'entendre, de se comprendre... et qu'une fois adulte nous soyons en communication vraie avec nos propres enfants!

Pour compenser ces nombreuses frustrations, j'ai toujours recherché dans mes amitiés, une communication qui dépassait de loin le simple partage d'expériences. J'avais besoin de comprendre et de parler de la relation, de ce qu'il se passait en moi, de comprendre ce qu'il pouvait se passer en l'autre... Et petit à petit, au fur et à mesure de mon évolution, j'ai appris de plus en plus à reprendre mes responsabilités dans la relation et à la faire évoluer avec l'autre, à travers cette méta-communication, cette "communication relationnelle".

Evidemment, cela en a surpris plus d'un, car peu de personnes sont prêtes à s'ouvrir à cette démarche... elle n'est pas facile et nécessite une constante remise en question mutuelle. Elle nécessite une grande tolérance et un amour inconditionnel. Elle est rare et très précieuse quand elle est possible! Elle ouvre à une autre dimension relationnelle : une relation dans laquelle on peut être soi-même en toutes circonstances, une relation où le remise en question mutuelle permet l'évolution de chacun, une relation où l'empathie, le partage, la sincérité, l'amour et la liberté de l'autre sont présents.


Voici le discours de Jacques Salomé à propos de la communication.

Jaques Salomé, spécialiste de la communication veut être clair à ce propos :
"Nous vivons dans un monde où nous consommons de la communication jusqu’à saturation - par les médias" - et ce qu'il souhaite développer, c’est une communication d’un autre type, dite "relationnelle".

La communication relationnelle va me relier, m’agrandir, me sortir de mon nombrilisme, en me donnant le sentiment d’appartenir à un tout de plus en plus universel.
Jacques Salomé insiste sur ce mot "relier" et l’oppose ainsi à la communication de consommation qui, elle, ne s’inscrit pas en nous, ne laisse pas de trace ; celle que nous consommons en prenant nos repas ou en nous reposant d’une journée de travail en écoutant la radio ou la télévision.

La communication "relationnelle" nous relie non seulement aux autres hommes et à l’univers, mais aussi à notre propre histoire.

Principes simples de communication

Il convient de rappeler que communiquer c’est d’abord mettre en commun. Beaucoup de gens croient, parce qu’ils s’expriment, qu’ils communiquent. Le paradoxe réside dans le fait que nos parents et nos enseignants qui nous apprennent la communication - je devrais dire l’incommunication - le font en nous dépossédant de notre parole.

Nous apprenons donc à communiquer avec la parole d’un autre (papa ou maman), et il faudra pour certains d’entre nous parfois toute une vie pour tenter de se réapproprier cette parole dont nous avons été dépossédés. Ce qui est en cause, c’est le processus même de la communication parentale qui consiste à parler sur l’enfant, plutôt que de parler à l’enfant. Une des clés fondamentales de cette réappropriation, c’est de ne laisser personne parler sur nous, et de renvoyer ceux qui s’y risquent à leurs propres peurs, à leurs émotions.

La folie des rapports

Nous sommes dans une folie relationnelle qui fait que les personnes qui sont les plus proches de l’enfant, ses parents, tolèrent peu que celui-ci dise ce qu’il ressent. Laisser l’enfant s’exprimer, c’est sans doute remettre en cause des conventions sociales, mais c’est gagner en échange une plus grande liberté. Freud nous avait appris que le traumatisme le plus violent n’était pas l’évènement lui-même, mais le silence gardé autour de lui. Toute sa vie on en garde la blessure secrète. Oser, il faut oser dire.

Je me bats pour une plus grande qualité d’être au niveau du quotidien. Tant de gens souffrent de terrorisme relationnel. Les journaux parlent du terrorisme politique international, mais ne mentionnent jamais le terrorisme qui est autour de la table de la vie familiale, dans le lit conjugal ou dans la voiture qui descend vers les vacances. Il est fondé sur l’imposition de nos désirs et de nos peurs à l’autre.

Quand nous aimons quelqu’un, nous voulons qu’il soit "ceci" ou "cela", et c’est là une violence épouvantable dont personne ne parle. La vie quotidienne est une projection à la fois subtile et violente de l’ensemble de nos désirs et de nos peurs sur ceux que nous aimons. Nous voulons qu’ils rentrent dans nos projets de vie et ainsi nous les privons de leur parole.

La liberté des enfants

Très jeunes, les enfants ont cette liberté de parole, mais ils la perdent très tôt parce que leur entourage va leur dicter ce qu’ils doivent dire, ce qu’ils peuvent sentir. Beaucoup d’enfants ont ainsi le sentiment que leur façon de percevoir la vie n’est pas reconnue, ils voient leur communication stérilisée. Il faut donc que nous nous donnions les moyens d’oser mettre des mots sur ce que nous sommes si nous ne voulons plus être malades.

Quand il y a le silence des mots, va se réveiller le silence des maux ; toutes les maladies sont des langages symboliques. Les enfants sont les grands réparateurs des blessures de leurs parents. L’enfant inscrit dans son corps les silences, et ce n’est que plus tard que s’inscrira dans son corps la mise à jour des blessures de ses parents. Il existe une communication verticale qui traverse les générations. Le corps est un émetteur fabuleux mais nous sommes souvent des victimes, faute d’accéder à cette connaissance.

Exister n’est qu’une succession de naissances et aujourd’hui est le premier jour de ma vie à venir. Il ne s’agit pas de nier ce qui nous vient du passé, mais de le comprendre au lieu d’en être la victime ou le jouet. En ce sens le courant psychanalytique nous a fait faire un bond en avant.

Accepter la responsabilité

Ce que je tente de développer par un travail, c’est l’acceptation de la responsabilité pour l’amélioration de la qualité possible de ma relation avec autrui. Sortir du double piège de l’accusation et du jugement de l’autre, de la discrimination, tout comme de l’auto-accusation, et choisir la voie royale qu’est l’acceptation de ma responsabilité dans ma relation avec l’autre. Nous sommes responsables d’un "bout" et non de la totalité de la relation.

Exister, vraiment

Pour exister il nous faut sortir du "ventre", de nos peurs, de nos principes, de nos fidélités. C’est le chemin de l’initiation qui rejoint le creuset universel que les sages orientaux connaissaient bien avant nous. Toute la démarche de notre culture occidentale est tournée vers la conquête, la maîtrise de l’extérieur, alors que la pensée orientale elle, a orienté sa démarche vers l’intérieur. L ’homme occidental pourrait devenir universel dans la mesure où il tenterait de "rapprocher". Les scientifiques commencent à le dire : il existe des réseaux de communication qui sont incroyablement puissants mais auxquels on n’a pas accès car nos sens ne sont pas encore éveillés. Un jour nous parviendrons à cet éveil des sens qui permettra la communication avec l’infiniment grand, comme c’est le cas déjà dans l’infiniment petit de nos cellules. La dernière aventure à vivre est celle de la communication car nous passons à côté de la vie si nous ne savons pas nous relier à cet être universel qui est le "Divin". Certaines expériences sont des déclics qui abolissent notre surdité et ouvrent l’accès à une autre connaissance, à une autre énergie qui nous relie à plus grand que nous.

Jaques Salomé

Article complet sur : www.nouvellescles.com

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